Bureau du coroner


Enquête publique sur le décès de Mme Roxanne Héroux - La problématique des secours en eau froide

7 décembre 2009

Le Bureau du coroner présente les conclusions du rapport du coroner Me Luc Malouin à la suite de l'enquête publique tenue pour éclaircir les causes et les circonstances du décès de madame Roxanne Héroux, survenu le 20 novembre 2007 à Saint-Antoine-sur-Richelieu. Mme Héroux est décédée d'une asphyxie par noyade après que son véhicule se soit accidentellement retrouvé dans l'eau glaciale de la rivière Richelieu.

Les circonstances du décès

Le 20 novembre 2007, vers 20h30, Mme Roxanne Héroux se dirige vers sa résidence située à Saint-Antoine-sur-Richelieu et circule en direction est au volant de son automobile sur le chemin Montée Pomme d'Or. Ce chemin se termine à la route 223 et, directement de l'autre côté de cette route, se trouve la descente pour prendre le traversier reliant Saint-Antoine-sur-Richelieu et Saint-Denis-sur-Richelieu. À l'intersection, Mme Héroux devait faire un arrêt obligatoire et tourner à droite pour gagner sa résidence. Pour une raison inconnue, elle n'a jamais fait son arrêt et s'est plutôt engagée dans la descente du traversier sans jamais ralentir ni freiner. Son véhicule a donc plongé dans la rivière Richelieu.
   

Alors que des secours étaient envoyés très rapidement sur place, un passager du traversier a courageusement sauté à l'eau pour tenter de sauver Mme Héroux, mais la température de l'eau l'a rapidement contraint à abandonner. Même chose lorsqu'un pompier volontaire, accompagné d'un citoyen, sont arrivés sur les lieux. À cause de la température glaciale de l'eau de la
rivière, les secouristes n'ont pu extraire la victime de l'habitacle de son automobile. Ce sont des plongeurs de la Sûreté du Québec qui ont réussi à sortir la victime quelques heures plus tard.

 

L'analyse des circonstances

LA TEMPÉRATURE DE L'EAU ET SES CONSÉQUENCES

L'enquête publique conduite par le coroner Malouin a mis en lumière l'effet dangereux de l'eau glaciale sur le corps humain ainsi que la grande difficulté de porter secours aux victimes dans un tel contexte. Si cette problématique peut survenir lors d'un accident de la route comme celui qui a coûté la vie à Mme Héroux, elle est également généralisable à d'autres types de situations.

Le Québec est un endroit où il y a beaucoup d'eau et où les premiers répondants, que ce soit les pompiers ou les policiers, peuvent être appelés à jouer un rôle crucial. Bien qu'il soit impensable de former des secouristes maritimes partout au Québec, les gens les plus susceptibles d'intervenir dans ce type de situation devraient être mieux informés. À titre d'exemple, mentionnons les agents de la Sûreté du Québec qui travaillent dans une région où les plans d'eau sont vastes ou abondants ainsi que les pompiers des villes riveraines.

À ce sujet, le coroner souligne l'intérêt et la pertinence de la vidéo Camp de survie en eau froide qui lui a été présentée lors de l'enquête publique. Cet enregistrement expose entre autres les trois phases de la survie en eau froide et constitue un précieux outil pédagogique pour la formation des patrouilles nautiques de la Sûreté du Québec.

LA ROUTE

La route Montée Pomme d'Or est sous la responsabilité du ministère des Transports du Québec (MTQ). On y dénombre peu  d'accidents importants et encore moins de voitures qui tombent dans la rivière Richelieu. La particularité de cette route tient néanmoins au fait qu'elle se prolonge dans la descente vers le traversier, laquelle est courte et abrupte. L'intersection est toutefois bien éclairée le soir et une lumière clignotante rouge du côté de la route avise les automobilistes à l'avance de la présence d'un arrêt obligatoire.
   

Après l'accident du 20 novembre 2007, le MTQ a ajouté un feu rouge clignotant dont la position a été légèrement modifiée afin qu'il soit mieux aligné sur le centre de la route. Deux feux sont donc maintenant présents, mais seul le nouveau est en fonction pour éviter de semer la confusion dans l'esprit des conducteurs, selon une ingénieure du MTQ.
   

Le coroner est cependant d'avis qu'en présence d'un danger inhabituel et dans un endroit où le brouillard est souvent dérangeant, le fonctionnement des deux feux rouges serait une solution simple, peu coûteuse et ne pourrait qu'apporter des améliorations. A situation particulière, solution particulière, affirme Me Malouin.

LA DESCENTE POUR LE TRAVERSIER

Le traversier qui relie Saint-Antoine-sur-Richelieu et Saint-Denis-sur-Richelieu est de propriété privée depuis plus de 40 ans. Comme l'aire d'arrivée du traversier représente manifestement un danger, le propriétaire doit, selon le coroner, en être conscient et agir en bon citoyen.

D'autant plus que dès 1992, Transports Canada, qui n'a aucune juridiction sur la question, lui a signifié le problème et 17 ans plus tard, rien n'a changé. En revanche, vu la complexité de l'installation, il n'existe aucune façon simple, rapide et pratique de le changer de place.

Les recommandations

À la lumière de ces éléments directement reliés à la tragédie et dans le but de protéger la vie humaine en prévenant mieux les noyades qui ont lieu spécifiquement en eau froide, le coroner Malouin recommande:

À LA SURETÉ DU QUÉBEC

  • D'équiper ses véhicules automobiles d'au moins un gilet de flottaison;
  • De diffuser auprès de ses membres la vidéo Camp de survie en eau froide afin qu'ils soient informés sur la façon de faire une intervention urgente à l'eau.

 

À L'ÉCOLE NATIONALE DE POLICE DU QUÉBEC ET À L'ÉCOLE NATIONALE DES POMPIERS DU QUÉBEC

  • De faire connaître la susdite vidéo afin que les premiers répondants et autres intervenants de première ligne sachent comment agir dans de telles circonstances.

 

AU MINISTERE DES TRANSPORTS DU QUÉBEC

  • De mettre en fonction les deux feux clignotants qui sont en place, à l'intersection de la route 233 et Montée Pomme d'Or.

 

AU PROPRIÉTAIRE DU TRAVERSIER

  • D'analyser la situation et de prendre les mesures pour sécuriser la descente au traversier à Saint-Antoine-sur-Richelieu.

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