Une femme autochtone en situation d’itinérance est décédée d’un arrêt cardiorespiratoire à l’urgence de l’Hôpital de Val-d’Or. Elle y avait été admise pour des symptômes respiratoires et un état de faiblesse et a obtenu son congé en raison d’un état stable peu avant sa détérioration soudaine. Le décès est attribuable à un état de choc d’étiologie indéterminée, dans un contexte de cardiomyopathie toxique sévère et de trouble chronique d’usage de psychostimulants. Sa trajectoire était marquée par une grande vulnérabilité, incluant une instabilité résidentielle, une rupture avec son réseau familial et social, des problèmes de santé cardiaque importants et une consommation persistante de substances psychostimulantes. Malgré de nombreuses consultations à l’urgence et des hospitalisations récentes, son état s’est progressivement détérioré. Des tentatives de prise en charge globale, incluant des approches culturellement adaptées, ont été amorcées, mais sont demeurées ponctuelles et sans continuité en raison notamment de difficultés d’engagement et de coordination des services. L’enquête met en lumière une offre de services fragmentée pour les personnes présentant des problématiques complexes, ainsi que des limites dans la continuité des soins, le partage d’information et l’arrimage entre les acteurs du réseau de la santé, les ressources communautaires et les services destinés aux personnes autochtones. Bien que les soins aigus aient été jugés appropriés au moment de l’événement qui a mené au décès, ce sont des interventions bien en amont qui auraient permis de créer un filet de sécurité durable. Les circonstances du décès soulèvent des enjeux quant à la coordination intersectorielle, la continuité des suivis et l’adaptation des services aux réalités des personnes autochtones en situation d’itinérance et de vulnérabilité complexe.
[R-1] veille à la mise sur pied d’une offre de service régionale pour les usagers qui souffrent de maladies cardiorespiratoires à l’Hôpital de Val-d’Or avec tout le personnel requis, en tenant compte des ressources disponibles pour en assurer le bon fonctionnement afin de fournir un meilleur encadrement et optimiser la trajectoire des soins nécessaires pour ces usagers;
[R-2] étudie, en collaboration avec Santé Québec, la pertinence de développer un projet de lits de transition pour les personnes en situation d’itinérance selon les modèles qui font actuellement l’objet de projets pilotes dans le réseau de la santé et des services sociaux ailleurs au Québec et permettant la continuité des suivis pour les soins requis par la condition des usagers;
[R-3] sensibilise le personnel de l’Hôpital de Val-d’Or et les médecins qui y pratiquent à l’importance d’avoir recours à son service d’interprétariat et à sa navigatrice autochtone lorsque les barrières linguistiques sont présentes et afin d’assurer une meilleure sécurisation culturelle pour les usagers autochtones;
[R-4] procède à l’actualisation du cadre de référence du Comité clinique en rupture sociale et itinérance en prévoyant la participation pérenne de l’instance gouvernementale autochtone urbaine à Val-d’Or, soit le Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or;
[R-5] sensibilise le personnel de l’Hôpital de Val-d’Or et les médecins qui y pratiquent à l’existence, au mandat et au fonctionnement du Comité clinique en rupture sociale et itinérance afin d’assurer une trajectoire de soins et de services optimale pour tous les usagers vulnérables avec des problématiques complexes;
[R-6] consolide, en collaboration avec le Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or, l’implantation de solutions viables dans le respect du cadre législatif afin d’assurer un meilleur partage des informations cliniques importantes entre l’Hôpital de Val-d’Or et la clinique de santé autochtone pour une offre de soins et de services optimale à tous les usagers autochtones de la clinique.
[R-7] accorde au Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or le financement requis pour assurer la pérennisation de la clinique de santé autochtone (initiative Mino Pimatisi8in) gérée en coresponsabilité avec le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue.